Le cinéaste Tim Burton qui propose à ses fans de l’aider à construire son prochain livre via son fil Twitter? La nouvelle commence à faire son petit bout de chemin sur le web. Et la rumeur court qu’une agence montréalaise serait derrière l’idée…
Mise a jour à la fin de l’article: Cloudraker, l’agende derrière la stratégie Burton.
“Lundi 22 novembre, Tim Burton proposait à ses fans de l’aider à écrire la trame de son prochain récit sur Twitter. À Montréal, on murmure déjà qu’une agence d’ici serait à l’origine de l’idée”.
“Stainboy, using his obvious expertise, was called in to investigate mysterious glowing goo on the gallery floor #BurtonStory.”
Et demandait aux usagers du site social de continuer à écrire l’histoire, dont le projet a été baptisé “Cadavre exquis”, en 140 caractères ou moins. Les meilleurs “twitts” seront utilisés pour construire la trame narrative, mettant en vedette Stainboy, petit personnage macabre utilisé par le réalisateur. Pour participer, deux règles simples: twitter aussi souvent que vous le voulez et garder le tout “propre”.
Le fil Twitter de Tim Burton, ou l'on peut collaborer à nouer sa prochaine intrigue
Rapidement, la nouvelle est reprise sur des sites comme Mashable, Nylon Magazine et même… Perez Hilton, le célèbre blogueur américain. L’initiative est lancée alors que débute dans quelques jours au TIFF Bell Lightbox à Toronto l’exposition Tim Burton, déjà présentée au MoMA de New York l’an passé. La rumeur court déjà qu’une agence montréalaise serait derrière la conception de l’idée… On va fouiller, et trouver vite qui se cache là dessous.
En attendant, rien ne nous empêche de participer, nous aussi, à l’intrigue du prochain scénario du maître.
Mise a jour 23-11-10:
Sujet vedette (Top Tweet) sur Twitter aujourd’hui, la campagne de Tim Burton génère un vrai effet viral sur le web. Après quelques recherches, c’est l’agence montréalaise Cloudraker qui est à l’origine du concept. Leur client, le TIFF Bell Lightbox, voulait faire parler de l’exposition Burton qui prend place dans quelques jours.
“La qualité de l’écriture et des choses qui sont soumises sur Twitter est incroyable”.
Jointe par téléphone, Christina Brown, vice-présidente création de l’agence avance: “C’est une histoire incroyable. Lorsque nous avons commencé à travailler sur le projet, j’ai d’abord vu l’exposition à New York. J’ai tout de suite su que la campagne serait très participative. Tim Burton a une base solide de fans dans le monde qui le suivent de près et adhèrent à ses idées. Nous étions assez confiants que le tout serait rapidement viral. Nous avons lancé officiellement la campagne ce lundi, et elle continuera jusqu’au 6 décembre. La qualité de l’écriture et des choses qui sont soumises sur Twitter est incroyable, et cela démontre clairement la capacité que Burton peut avoir à créer une communauté sur le web”.
Revirement total de situation chez Gap avant-hier, alors que la marque annonce qu’elle retire son nouveau logo, mis en ligne quelques jours auparavant. Risée de la toile et des réseaux sociaux, le nouveau branding de la multinationale américaine a fait grand bruit sur des sites comme Facebook ou Twitter. À l’heure de l’essai-erreur et du pouvoir grandissant des consommateurs sur le web, la stratégie de communication de la marque, transparente et maladroite, va t-elle renforcer la proximité avec ses consommateurs? Ou, au contraire, amoindrir la côte d’amour de ce géant de l’habillement?
L'ancien et le nouveau logo...et vice-versa
Jusqu’à présent, les campagnes publicitaires de Gap ont connu de vrais succès. Simples, directs et prônant la démocratie du vêtement, les messages de la marque sont restés quasiment les mêmes au fil du temps. Le design des boutiques a légèrement évolué, mais sans plus… tout comme les vêtements. Vu de l’extérieur, la marque a toujours joué la carte de la prudence et du conservatisme afin d’éviter toute controverse. Comme ses petites et grandes sœurs, Old Navy et Banana Republic, on cherche avant tout à plaire au plus grand nombre.
Le studio de design américain Laird and Partners, complice de la marque de longue date, a signé le nouveau logo, afin de mieux refléter son esprit moderne, dixit Marka Hansen, président, Amérique du Nord du groupe dans un communiqué. Une typo Helvetica, et le rappel du carré bleu de la marque sont les éléments de la nouvelle identité. Vivement critiquée, pris à parti par les designers et blogueurs en tout genre, le logo est vite détourné en avatars Facebook ou Twitter, et circule à la vitesse de la lumière sur la toile. Jamais une campagne de publicité de la marque ou une opération de relations publiques n’aurait pu espérer faire autant de buzz sur les réseaux sociaux. En seulement quelques jours, tout le monde a un avis sur la question, et les médias les plus sérieux relaient l’information partout.
Histoire d’ouvrir le dialogue, la marque en appelle, quelques jours après la mise en ligne de son nouveau branding, à la contribution des internautes pour proposer un nouveau logo, puis se ravise. ” Nous nous sommes rendu compte, avec cette histoire, tout l’amour que suscite notre marque (…) Nous avons appris beaucoup (…) Peut-être viendra le temps de changer un jour notre logo, mais nous nous y prendrons différemment”, a affirmé Hansen dans un communiqué émis par l’entreprise.
Crap, le nouveau logo de Gap vite détourné sur la toile
Cette histoire est intéressante à plusieurs niveaux. D’abord, elle est symptomatique d’une époque, celle de l’essai-erreur. Le travail des publicitaires et designers, tout comme celui des journalistes, ne cesse de s’accélérer. L’instantanéité du web force les marques à être plus réactives, et à se renouveler toujours plus vite. Il serait intéressant de comparer le nombre de publicités différentes entre aujourd’hui et il y a 10 ans pour une marque sur une année. L’éphémère semble avoir la côte. Les exemples des dernières années (Burger King ou les divers lipdub en série) montrent bien que l’importance est donnée au bruit qu’une campagne pourra générer en un minimum de temps.
Aussi, la stratégie de Gap n’est pas si folle, à bien y penser. Le principe de transparence, appliqué ici dans ses communications, alors qu’elle retire un logo qu’elle vient tout juste de changer, la place dans une position privilégiée aux yeux des internautes: une marque ouverte, à l’écoute. Combien d’exemples avons nous d’entreprises qui ont imposé un nouveau branding rejeté par l’industrie et l’opinion publique? Certes, une marque doit pouvoir s’affirmer et offrir une ligne de communication forte. Mais le cas de Gap ne pourrait-il pas jouer en sa faveur? Ouvrant la voie au dialogue, Gap pourrait profiter de l’occasion pour communiquer davantage sur cet aspect. L’avenir nous dira si la multinationale tirera des leçons de cet amusant cas de branding…2.0.
“C’est qui ça, ce Karl Lageuuuurlfeld?” demande un homme en short et chandail sans manche à sa femme, alors que je sors de la voiture pour me diriger vers le parvis des invités. Il est 21 heures. Le dîner donné par Chanel en l’honneur de Karl Lagerfeld et Vanessa Paradis pour le nouveau rouge à lèvres Coco commence dans quelques instants, dans le patio privé créé par Canal+ pour le festival du film de Cannes. A quelques jours du lancement de la campagne de Bleu, le nouveau parfum masculin de la marque parisienne (dont le film a été réalisé par Martin Scorcese), focus sur la tête pensante derrière la stratégie de la marque.
Designer, publicitaire, entrepreneur, photographe, égérie: qui est Karl Lagerfeld?
L’ambiance est surréaliste: 150 couverts (comptés rapidement du coin de l’oeil), aucun photographe, et un parterre d’invités à faire pâlir d’envie tout bon paparazzi: Tim Burton, Atom Egoyan, Johnny Depp, Emmanuelle Béart, Benicio Del Toro, Patti Smith (qui chantera en jean devant le buffet un peu plus tard dans la soirée) et Gaspard Ulliel, prochaine égérie de la marque. Tous sont venus dire merci à celui qui tranforme en or tout ce qu’il touche.
Si la haute couture reste sa marque de fabrique, on peut se demander à quoi ressemble l’emploi du temps de monsieur Lagerfeld, qui est aussi photographe, illustrateur et designer de produits.
Lagerfeld, publicitaire-égérie
Il a signé très récemment l’ensemble de la campagne de Coca-Cola light, équivalent français du Coke Diet. Pour la marque, il a dessiné la bouteille, vendue en édition limitée et a piloté la réalisation même de la campagne: photo, choix des mannequins, couleurs etc. Lors d’une entrevue qu’il a accordé à Infopresse lors du festival de la publicité de Cannes, Jonathan Mildenhall, VP monde du groupe Coca-Cola, à avoué que l’expérience s’inscrivait dans une tendance lourde pour la marque: la co-création avec des artistes (également récemment avec le chanteur Mika, et la créatrice de mode Rykiel), de produits exclusifs afin de pénétrer ou d’augmenter leur parts de marché sur un groupe cible donné. Pour Coca-Cola light, les femmes et adeptes de la mode son particulièrement visées. Et Lagerfeld, connu pour son régime alimentaire drastique, partage le message clé du produit: se faire plaisir tout en évitant le sucre, donc la prise de poids.
Karl Lagerfeld publicitaire pour Coca-Cola: il a participé à la création de la campagne 2010
En 2008, Karl Lagerfeld a participé à la campagne publicitaire de la sécurité routière, en France, à titre de mannequin cette fois. L’agence Lowe, derrière le concept adopte l’auto-dérision et joue sur son ton acerbe et définitif. La campagne, qui a bénéficié d’un effet viral sur la toile, a eu un réel succès populaire, humanisant le couturier et le rendant plus sympathique. Donc plus intéressant pour des campagnes auprès du grand public, comme celle de Coke.
Karl Lagerfel égérie: il a participé à une campagne sur la sécurité routière en France
Lagerfeld, rédacteur en chef-critique-illustrateur…
Dernière collaboration du couturier: le titre de rédacteur en chef invité du quotidien Libération, le 22 juin 2010. Il y a illustré la totalité du journal, qui a changé son format exceptionnellement pour cette journée. Lagerfeld a aussi apporté son point de vue sur certains articles, tant dans les sections sports que politique. Le quotidien justifie le choix de Lagerfeld aux commandes pour ses prises de positions sur l’actualité, sa passion de la presse et son regard sur la société comtemporaine. Le coup de pub pour le journal est immédiat, et la dernière de couverture est rapidement vendue à…Coke, évidemment, qui reprend alors sa campagne dont Lagerfeld est le porte parole-créateur.
Tendance du moment, Lagerfeld est partout. Mais il choisit avec minutie ses différentes apparitions auprès de marques ou de médias. S’il n’y a priori pas de cohérence avec l’imagerie Chanel, ses petits “à côtés” ne nuisent en rien au capital de la marque. Nous avions parlé, dans le magazine Infopresse du mois d’avril 2010, d’une tendance qui persiste depuis plusieurs années: la co-création de produits avec des célébrités pop: Lady Gaga, Madonna, U2. Ici, au delà du marketing, Lagerfeld démontre qu’il contrôle à la fois le produit, sa publicité, et ses relations avec les médias. Et il est le seul à pouvoir se le permettre…
Le designer québécois Julien Vallée se retrouve ce matin sur le site Écrans, du quotidien français Libération pour DanseDance, un projet “amusant, poétique et magique” selon le journaliste.
On aime. Un projet à découvrir cette semaine sur le site Grafika.
Le festival de la publicité de Cannes s’est achevé dimanche dernier en couronnant de ses deux prix les plus prisés l’ensemble de la campagne présidentielle américaine du candidat élu Barack Obama. Aux côtés d’agences prestigieuses – pourtant pressenties comme agences gagnantes des Titanium et Integrated, c’est un parti politique qui l’emporte. Un comble, pour un festival de pub qui a pour but de faire mousser le travail des agences du monde entier… Ce lion d’or aura t-il un impact sur l’avenir des agences, à Montréal comme ailleurs?
La campagne historique du président Obama: un signe pour les agences de pub?
A l’origine, le rôle du festival de la publicité était principalement de montrer le travail des agences de pub, et de récompenser les créations les plus audacieuses. Avec le temps, ont émergé des agences créativement fortes, hors des grands réseaux habituels, comme Crispin Porter + Bogusky ou Goodby ou Silverstein & Partners. 56 ans après sa création, le jury des deux catégories Titanium et Integrated, présidé par David Droga, de Droga 5, a couronné la dernière campagne américaine du démocrate Obama. Une campagne soumise directement par…son bureau de campagne et son directeur, David Plouffe.
Ce prix, décerné selon le jury “sans grand débat”, symbolise plusieurs choses. La première, et celle soulevée dans de nombreux papiers, comme celui du jeune auteur Olivier Mermet, de Blog de Nuit, c’est la remise en question du rôle des agences dans le succès d’une campagne, bien ficelée certes, mais qui doit davantage sa réussite à un amalgame de facteurs, humains, sociaux et économiques. Cette “non-victoire” d’une agence de pub pose une question assez claire: les annonceurs sont-ils ajourd’hui plus confiant en leur vision créative, au point de soumettre eux-même leurs réalisations? Et si McDo, Coke ou autre faisait de même?
David Plouffe, directeur des communications de la campagne d’Obama
Secondo, un grand prix à Obama, c’était un peu télescopé non? La pub s’offre un bon coup – de pub, et se donne une chance de renforcer, ou de reconstruire, c’est selon, son capital de sympatie auprès du grand public. D’un point de vue de communication, la “marque” Obama fait vendre. Le Yes We Can, martelé, déformé et réapproprié par les marques et les médias du monde entier est un clin d’oeil facile en pleine période de festival de la pub. Après l’écologie made in Honda, la lutte contre les clichés de la beauté avec Dove, on récompense une action positivement reçue à l’international par la majorité des consommateurs (oups, électeur?). Emmanuelle Garnaud, sur son très bon blogue Idead, s’pexprime d’ailleurs sur le sujet.
Mais finalement, la campagne Obama aura été un succès sur toute la ligne. Si le message était clairement identifié (Yes We Can, difficile de se tromper), le personnage emblématique, c’est la large présence du président et de ses collaborateurs dans les réseaux sociaux et le web qui est à retenir. N’était-ce pas tout de même la première fois qu’un président utilisait Facebook ou Twitter pour entreprendre un dialogue avec ses partisants?
Pour le reste, j’imagine que toute cette campagne Obama donnera des idées à certaines marques… Rendez-vous l’an prochain pour un Lion responsable ET engagé?
Il y aura d’abord eu Obama, un peu plus tôt cette année. C’est au tour de Michael Jackson d’assurer aujourd’hui à Twitter son plus grand pic d’audience depuis le premier discours du président américain. Même Susan Boyle, cette chanteuse éclair, n’aura pas égalé un nombre de messages si grand. Et si l’on ajoute Facebook, les blogs et les sites des médias spécialisés et généralistes, la mort de Jackson est un bel – mais triste exemple des nouveaux paramètres de transmission de l’information. Alors, ça ressemble à quoi une mort 2.0?
Le site web américain TMZ.com a été le premier a relayer la mort de Michael Jackson, devant CNN ou Fox
A peine mon ordinateur allumé, sur la page d’accueil du monde.fr, je remarque dans le fil de presse que Michael Jackson est hospitalisé. Quelques clics de souris et je me retrouve sur le site à potin TMZ.com, qui annonce la mort du chanteur pop. En une fraction de seconde, plusieurs centaines de pages émergent de ma recherche Google. De son côté, mon twitter pullule de tweets de fans, mais aussi de célébrités comme Lindsay Lohan, qui déclare ” NO OMG…sending my love and prayers out to Michael and his family … i feel sick…”.
Alors que mes “amis” Facebook relaient instantanément la nouvelle, mettant en ligne les vidéos YouTube des meilleurs moment de la carrière de la star, Twitter est pris d’assault. Tellement que pendant quelques minutes, les serveurs ralentissent la cadence. Du jamais vu depuis l’élection très médiatisée sur le net du président Obama.
Dès les premiers instants de l’annonce de la mort du chanteur, le site TMZ.com s’est basé sur les Tweets de célébrités américaines pour alimenter ses articles
TMZ.com, le premier site à avoir annoncé la nouvelle, met en ligne, quelques minutes après une première annonce, une vidéo diffusant en direct les premières images du parvis de l’hôpital et une rétrospective de plus de 80 photos du King of Pop. Les sites les plus sérieux, ici comme à l’international, relaient la nouvelle, d’abord au conditionnel, puis au présent, se basant tous sur une première annonce non-vérifiée du site web TMZ. Sur place, la chaîne Fox News dépêche une journaliste pour couvrir l’événement en direct… qui est d’abord diffusé à l’aide d’une vidéo amateur sur le site TMZ.com, avant de passer en onde, quelques secondes plus tard, sur le réseau américain.
Signe des temps, là ou avant CNN était l’une des chaînes les plus actives dans l’obtention de nouvelles “chaudes”, c’est aujourd’hui un site web qui décroche le scoop qui sera repris dans les médias du monde entier. L’originalité réside aussi dans l’utilisation d’informations diffusées à travers les tweets de célébrités comme Arnold Swarzenegger, John Mayer ou Lindsay Lohan pour alimenter les différents articles. Le site incite également les fans et les personnes qui l’ont cotoyé dans ses derniers instants à livrer photos et vidéos, qui sont immédiatement publiées sur le site, et reprises dans de nombreux médias.
Un scoop relayé en moins de temps qu’il ne faut pour le dire… au téléphone.