Tag: créativité
Les ponts qui s’écroulent, les nids de poule partout, les travaux interminables de la place des arts n’ont pas freiné Tyler Brulé et la rédaction du magazine
Monocle: Montréal demeure cette année la 19e ville la plus agréable à vivre au monde.

Monocle conseille à Montréal d'améliorer ses transports en créant un tramway
Ce numéro spécial sort une fois par année et tout le monde l’attend (enfin, au moins moi). Cette année, le magazine Monocle, qui a développé son propre classement des villes les plus agréables à vivre au monde, à décerné la 19e place sur 25 à Montréal. Statut quo pour notre ville qui avait la même place l’an passé, et qui était classée 16e en 2008. Les critères de classement du magazine sont basés sur sept grandes variables:
1. Le nombre de jour de soleil par année (cela ramonte le moral, il parait)
2. Le nombre d’espaces communs pour se détendre
3. La fierté des citoyens
4. Des résidents exceptionnels
5. Une vision du futur
6. Des espaces verts utilitaires
7. Une aura d’élégance et de mystère
Le magazine nous apprend donc, entre autre, qu’il y a 10 838 cambriolages par an à Montréal, que les espaces verts sur l’île ne représentent que 3.3% de la superficie totale et que tout bon citoyen peut acheter un café dans l’un des 38 Starbucks (un indice qui leur permet de voir le développement commercial de la ville). De ce regard extérieur sur Montréal, on retiendra que l’on ne peut plus se reposer sur le fait que la qualité de vie est meilleure ici parce que tout y est moins cher, que les infrastructures pour les automobiles sont désuètes et qu’il est important de développer davantage d’espaces verts. Le conseil de Monocle pour une ville meilleure? La mise en place d’un Tramway en ville.
Après Zürich l’an passé, c’est la ville de Munich qui rafle cette année la place convoitée de la ville la plus agréable. Paris remonte dans le classement en 7e position. Alors que les pays européens dominent, Portland est la seule ville américaine présente dans le magazine.
Que penser d’un tel classement? La tendance, de plus en plus nette, pour des villes à taille humaine, où les commerces de quartier, les espaces verts et le charme romantique sont des atouts de taille. Montréal devrait-elle renforcer davantage son côté “petit village international”, où il fait bon vivre? Doit-on s’inspirer de Barcelone, qui, tout en modernisant ses infrastuctures, à réussi à développer une image populaire? Ou de Copenhague, qui a fait du vélo sa religion? Ou encore de Lisbonne, la ville montante, qui profite d’un boom culturel fort?
Quoiqu’il en soit, j’ai déjà envoyé ma copie à Monsieur le maire Tremblay. À bon entendeur…
July 12, 2010
Pour Jean-François Bouchard, président de l’agence Sid Lee, Montréal doit devenir la cité internationale de la créativité et de l’innovation, ce qui nécessite les efforts conjoints de tous les milieux industriels montréalais.

Pour Jean-François Bouchard, président de l'agence Sid Lee, Montréal doit devenir la cité de la créativité à l'international
“Il faut valoriser davantage la ressource naturelle première au Québec: la créativité”, a souligné Jean François Bouchard, lors de la conférence qu’il prononçait hier à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, devant plus de 250 personnes. La capacité d’innovation est un avantage compétitif indéniable dans le monde pour une entreprise, soulignait-il. ”Que ce soit en ressources humaines, en marketing ou en recherche et développement, tous les pans des entreprises montréalaises doivent faire valoir leur potentiel créatif, puis le faire savoir à l’international.”
Forte de grandes réussites québécoises, comme le Cirque du Soleil ou Juste pour rire, Montréal doit aussi rayonner par son vivier de jeunes entrepreneurs talentueux, vecteurs de l’image de la ville: Arcade Fire, Moment Factory ou les vélos Bixi. Selon Jean-François Bouchard, l’importance de la collaboration entre les industries est primordiale pour faire de Montréal une cité créative, à l’instar d’Amsterdam, qui a su se positionner à l’échelle mondiale malgré la taille de son marché. Sid Lee, qui détient le mandat international pour Adidas originals, a d’ailleurs une antenne à Amsterdam.

Les vélos Bixi, à Montréal, signe d'un dynamisme créatif qui a un écho à l'international
Plus qu’un logo, c’est avec une démarche originale et fédératrice que Montréal pourra devenir un centre attrayant pour les créateurs du monde entier: “Nous devons mettre de l’avant les coûts peu élevés afin d’implanter son entreprise au Québec (…) et démontrer que Montréal constitue une terre d’accueil pour le talent.”
Jean-François Bouchard a également souligné les lacunes du système d’éducation québécois qui “laisse peu de place à l’imagination et à la créativité”.
October 23, 2009
Pour découvrir toutes les tendances soulevées par le quotidien, le blogue The Moment est un bon début.

La galerie Commissaire, l'un des incontournable du plateau Mont Royal selon le New York Times
September 28, 2009
Une bonne façon de se rendre compte du pouvoir créatif et artistique de sa propre ville est de se rendre à l’étranger. Amsterdam, Las Vegas, Dubaï, Dublin, Paris. A vous de choisir. Une fois sur place, inutile de chercher très longtemps. Déambulez dans les rues, arpentez les boutiques, galeries et musées, feuilletez des magazines. Architecture, design de produit, photo, publicité : Montréal n’est jamais très loin. Instantanés de quelques-uns des nombreux projets montréalais vus à travers le globe.
Singapour, Asie, 16 mars 2008, National Museum
Le musée du Louvre a prêté au National Museum de Singapour plus de 130 œuvres de la Grèce antique. Pour mettre en scène les 1250 mètres carrés de l’exposition, présentée de décembre 2007 à mars 2008, le musée a fait appel au collectif montréalais gsmprjct°, spécialisé en environnements visuels. Pour ce projet sur le continent asiatique, gsmprjct° a créé divers environnements et utilisé des éclairages théâtraux pour présenter les sculptures, vases, figurines et bijoux de la collection. Devenus acteurs plutôt que simples objets inanimés, les éléments composant l’exposition prenaient vie grâce à l’utilisation de divers éclairages reproduisant la lumière méditerranéenne, de l’aube au crépuscule.

gsmprjct° a créé divers environnements et utilisé des éclairages théâtraux pour présenter les sculptures, vases, figurines et bijoux de la collection du Louvre présentée au Japon
Las Vegas, Nevada. 20 janvier 2009. Hôtel Mirage
A la sortie du spectacle Love, créé par le Cirque du Soleil sur la vie des Beatles, on se dirige vers un bar aux installations permanentes spectaculaires : jeux de lumière, lettres lumineuses, projections vidéos évolutives autour du thème du spectacle. Premier bar permanent relié à un spectacle du Cirque dans un hôtel de la ville, le projet a été réalisé par le studio montréalais Moment Factory, qui en a signé l’environnement visuel, et par Le Bureau Officiel, qui a conçu le contenu graphique des vidéos.

Le bar Revolution de l'hôtel Mirage à Las Vegas a été conçu par deux studios montréalais
Paris, France. 15 mars 2009. Boutique Colette
La boutique Colette est à Paris le rendez-vous incontournable des dénicheurs de tendances artistiques, mode et design. À la fois galerie et boutique, Colette importe les produits les plus « hip » du moment, des dernières baskets Creative Recreation à la pièce en édition limitée de Miucca Prada. A l’étage des livres de design, on découvre le magazine anglais très avant-gardiste Nextlevel, qui consacre sa une à Montréal. Parmi les artistes mis de l’avant, on retrouve le travail du québécois Pascal Grandmaison, à l’origine du célèbre Verre 4, qui ornait la façade du Café Cherrier.

L'artiste Pacal Grandmaison se retrouve dans le magazine londonien avant gardiste Next Level
Stockholm, Suède. 12 avril 2009. Boutique Duka
Duka est l’un des plus importants magasins suédois d’articles de cuisine. Parmi les produits du rez-de-chaussée, dont beaucoup viennent de Suède et de France, se trouve l’ouvre-bouteille de champagne créé par le designer montréalais Claude Mauffette pour l’entreprise Screwpull, sobrement intitulé « Attrape le bouchon ». Cet objet, à mi-chemin entre design minimaliste et accessoire pratique est devenu un véritable succès. Il est d’ailleurs disponible sur les tablettes de plusieurs boutiques de cuisine et de design dans le monde entier.

Attappe le bouchon, l'ouvre bouteille de champagne de Claude Mauffette, disponible à la vente dans le monde entier
Copenhague, Danemark. 15 avril 2009. Magasin Ikea
En déambulant dans les allées bondées d’un des nombreux Ikea de Copenhague, de grosses caisses bleues attirent l’attention. En bois, elles sont de différentes tailles et permettent d’y ranger vêtements et jouets d’enfants. Derrière le design minimaliste de la collection à succès PS BINTJE et de plusieurs autres produits du magasin suédois (des lits, des chaises, des bureaux), se cache un créateur montréalais exilé au Danemark depuis 1999, Françis Cayouette. Récipiendaire de nombreux prix prestigieux, dont une création sélectionnée lors de la biennale de design à Kolding au Danemark, il étudié à l’Université de Montréal avant de faire ses armes en Europe. Ses produits Ikea sont basés sur l’idée du design « fonctionnel ».

Ikea ne se passe plus des services du designer montréalais Francis Cayouette pour la conception de certains de ses produits
Un peu partout dans le monde, l’esprit de Montréal commence à émerger. Designers, artistes, architectes, publicitaires : le label montréalais est en train de devenir un atout commercial à l’international. Une marque comme Adidas a déjà choisi une entreprise montréalaise – Sid Lee, pour penser et réaliser ses stratégies de communication, alors que de nombreux studios et designers mettent leurs talents créatifs au service de projets internationaux.
Article initialement paru dans le catalogue de l’exposition Art&Design Montréal, septembre 2009.
September 18, 2009
Les récentes campagnes d’adidas originals, les initiatives du Cirque du Soleil ou encore le phénomène des Têtes à Claques ont propulsé Montréal sur l’échiquier mondial de la créativité ; La ville la plus européenne en Amérique du Nord a la cote en communication. Focus sur une tendance publicitaire à surveiller.

La récente campagne adidas, premier client international de l’agence Sid Lee
Depuis quelques années, à l’instar de villes comme Amsterdam, Barcelone ou Dublin, Montréal est en train de devenir un atout sexy à l’international. Certes Montréal n’est pas Paris. Ni New York. Son marché publicitaire, relativement jeune (la plupart des agences majeures y ont vu le jour il y a une trentaine d’année), génère une activité économique de près d’un milliard de dollars. Il est composé de 20 agences de communication de plus de 50 employés, qui réalisent plus d’un tiers des revenus. Mais les budgets annonceurs québécois, relativement modestes comparativement aux marchés américains et européens, forcent les agences à en faire plus avec moins, utilisant la créativité pour sortir du lot, ou allant séduire des clients à l’international, comme Adidas, obtenu par une agence montréalaise cette année.
Gilbert Rozon, président et fondateur de Juste pour rire, présent à Montréal, Toronto, Paris et bientôt Chicago, affirmait dans un récent discours* que Montréal devait se positionner à l’international comme le « Hollywood de la création », invitant les créateurs d’ailleurs à y élire résidence. Le métissage culturel, le design et l’architecture reflètent selon lui l’audace et la diversité d’influences à la fois françaises, anglaises et américaines. Influences qui, couplées à la petitesse du marché – et donc à sa grande souplesse, permettent une éclosion des ressources et initiatives créatives en communication. Des entreprises comme le Cirque du Soleil et les Têtes à Claques, la croissance rapide de l’industrie du jeu vidéo avec l’implantation d’Ubisoft et l’émergence d’une scène musicale et culturelle forte ont largement contribué au branding « Montréal, ville créative » et amplifié sa résonnance au sein de l’industrie publicitaire internationale.
Cette créativité, Montréal l’a développée à la force de ses artisans. Créé il y a près de 25 ans par le québécois Guy Laliberté, le Cirque du Soleil a largement contribué à donner à la ville une image créative et avant-gardiste, entraînant avec elle tout un tas d’entreprises émergentes au Québec. A commencer par Sid Lee, à l’origine un petit atelier de création publicitaire, qui est devenu, avec l’obtention de comptes comme le Cirque du Soleil, MGM Grant à Las Vegas et Adidas en Allemagne, un moteur et une référence en créativité commerciale. Selon son président et fondateur, Jean-François Bouchard, « on a vu une évolution dans la perception que les gens ont de Montréal. Avant, c’était l’indifférence ou le scepticisme. Aujourd’hui, quand on dit Montréal, ville de créativité, on sent une étincelle ». Récemment, autour de la création du spectacle Love du Cirque du Soleil sur la vie des Beatles à Las Vegas, le studio montréalais Moment Factory, en collaboration avec l’atelier Le Bureau Officiel, s’est fait remarquer en créant l’environnement visuel du bar-lounge Revolution de l’hôtel Mirage. En intégrant des installations multimédia, il fait le pont entre stratégie, design d’environnement et expérience de marque. Moment Factory travaille aujourd’hui dans le monde entier sur des projets événementiels d’importance. Ils ont en outre réalisé la scénographie de la dernière tournée nord-américaine du groupe rock Nine Inch Nails, basée sur des projections en interaction avec les musiciens, saluée par les critiques américaines et canadiennes.

Le bar permanent Revolution, au MGM Grand de Las Vegas, à été réalisé par des studios québécois
Dans un autre registre, l’engouement autour du phénomène des Têtes à Claques, ces petites capsules décalées de personnages animés, créés par l’ex-publicitaire montréalais Michel Beaudet, a donné l’idée à certaines marques, européennes ou américaines, de jouer la carte de l’humour à la québécoise. L’opérateur de téléphonie mobile SRF en France et la marque de confiserie Vertigo aux Etats-Unis ont fait de quelques uns de ces personnages les égéries de leurs marques respectives, contribuant à leur façon à renforcer l’image créative et atypique de Montréal.
Cette audace et ces différences culturelles ont aussi permis à plusieurs agences de percer à l’international : Taxi, fondée par le créatif montréalais Paul Lavoie, en est l’exemple. Née à Montréal, plusieurs bureaux ont vu le jour au fil des ans : à Toronto, New York, et bientôt Amsterdam. Selon son fondateur, « Montréal a des possibilités incroyables, avec sa jeunesse. Avec les Dublin, Amsterdam et Barcelone, c’est une de ces villes qui, sans être les plus grandes, ont une personnalité ». Une des réalisations de l’agence, un micro-site Internet pour la marque de cosmétique montréalaise Reversa –voirleseffetssecondaires.ca, a créé un buzz inattendu en Europe. Mettant en scène des hommes nus répondant aux demandes les plus folles des internautes féminines – comme tondre virtuellement la pelouse ou préparer du pain en tenue d’Adam, le site, pourtant créé pour le marché local avec un budget limité, a eu un écho considérable dans les médias internationaux. D’ailleurs, avec cette offensive virale, TAXI a empoché 2 Lions d’or à Cannes en 2007.
Dernier signe en date de l’attrait du label Montréal : début 2008, la marque allemande adidas originals choisissait l’agence québécoise SID LEE pour revitaliser le design de l’ensemble de ses succursales américaines et européennes. Après quelques mois de travail, et un concept de boutique à mi-chemin entre la publicité et l’architecture, l’agence s’est vue confié la totalité de la communication de la marque dans le monde, jusqu’alors détenue par l’agence néerlandaise 180. Un mandat qui est estimé à cinq millions de dollars. Première agence au Québec à décrocher un compte international d’une telle envergure, SID LEE a tout misé sur son capital créatif, et proposé un concept publicitaire davantage axée sur la mode et le streewear. Une fête dans une maison californienne a ainsi été organisée avec des guest-stars comme David Beckham ou Missy Elliot à laquelle les internautes et consommateurs ont été « invités » à participer via les différents supports média et lors d’événements dans les différentes boutiques du globe. La campagne, qui en plus de spots télé comporte un volet web important, vient d’ailleurs de rafler le « best of show » lors du récent concours CRÉA, qui récompense l’excellence de la création publicitaire québécoise. Erik Vervreoegen, ex-TBWA Paris, co-président international du jury du concours cette année, soulignait, à l’ occasion du dévoilement des résultats, que « la campagne d’adidas est un excellent ambassadeur de ce qui se passe ici (au Québec). A l’international, quand les gens vont voir ça, ils vont dire Wow !».
Surveillons les résultats des Lions de Cannes cette année et les initiatives des mois à venir, et gageons que le label Montréal n’a pas fini de faire parler de lui…
*Conseil des relations Internationales de Montréal, février 2009
Article initialement publié dans le magazine Stratégies, 23 avril 2009
August 23, 2009