Ce jeudi 22 juillet, alors que je suis en correspondance entre deux vols, c’est l’émeute chez le petit marchand de journaux de l’aéroport Paris Charles de Gaulle. Le chanteur Prince sort tout juste son nouvel album 20Ten, distribué en France uniquement dans Courrier International, gratuitement, suite à des conflits à répétition avec ses maisons de disques qui durent depuis plus de 15 ans. Et le chanteur de Purple Rain ne croit ni aux majors de la musique, ni à Internet pour diffuser ses chansons.
Le dernier Opus de Prince n'était disponible qu'en achetant le magazine Courrier International
Bon, qu’on se le dise, la musique du prince est à l’image des entrevues qu’il accorde au compte goutte: décalée. Le plus étonnant, c’est sa vision de la diffusion et de la distribution de sa musique. Connu depuis ses débuts pour sa totale indépendance de création – le fameux produced, composed, arranged and performed by Prince est devenu sa marque de commerce, le chanteur n’a cependant jamais caché ses conflits avec Warner. Il s’estime “esclave” de ses contrats et produit dès les années 90, au pic de sa carrière, ses albums sous un label plus confidentiel, NPG Records, utilisant un symbole imprononçable pour contourner le contrat qui lie son nom à sa maison de disque officielle.
Dans les premières années de l’apparition d’Internet dans les foyers, il propose à ses fans la mise à disposition de sa musique, tout en leur permettant d’acheter ses disques dans des circuits alternatifs: concerts, téléphone, catalogue. En 2004, son album Musicology est donné à la sortie de son concert pour toutes les personnes ayant acheté un billet. Et en 2007, Prince a marqué le monde de la musique en diffusant son album Planet Harth via l’édition dominicale du Daily Mail. Une première du genre.
En presque 10 ans, Prince a chanché sa façon de diffuser sa musique, ouvrant le chemin à de nombreux chanteurs qui claqueront la porte de leur maison de disque pour gagner plus en éliminant des intermédiaires. Public Enemy dans les années 90, Artic Monkey début 2000 ou Radiohead en 2007, plusieurs groupes ont testé la diffusion de leur musique via le web. Mais l’arrivée d’Itunes Store en avril 2003 va changer la donne: le géant américain empoche au passage de la vente de disque un poucentage important des recettes. Radical depuis toujours dans ses façon de faire, Prince se questionne dans son entrevue : “Pourquoi est-ce que je donnerai encore mes nouveaux morceaux à Itunes? Ils refusent de me verser une avance”. Il a aussi fermé son site Internet, considérant que c’est un média “dépassé” et que “tous ces trucs numériques n’ont rien de bon”. Un brin réac, le Prince. Il persiste alors à diffuser sa musique gratuitement dans la presse.
Et son modèle économique? Certes, les contrats avec les différents journaux qui diffuseront son CD lui permettent de rentabiliser une partie de la production (Courrier International en France, Rolling Stone en Allemagne, Daily Mirror en Grande-Bretagne, Het Nieuwsblad en Belgique), mais ce sont ses concerts qui se chargent du reste. Madonna, Britney Spears ou U2 appliquent une formule semblable mais moins radicale: des billets de concerts vendus à prix d’or, alors que la musique est téléchargeable pour presque rien sur Internet.
Ce modèle, l’auteur et rédacteur en chef du magazine WiredChris Anderson, que nous avons reçu à Montréal il y a quelques années, l’explique dans son livre Free, paru il y a quelques années: rendre gratuit tout ou partie de ses produits ou services et trouver d’autres sources de rémunération. Produits dérivés, concerts etc.
Mais le modèle de Prince semble cependant limité: son absence sur Internet lui empêche une proximité avec son public qui semble essentielle aujourd’hui. Comment pourra t-il renouveller son public avec une image si old school? Aurait-il besoin d’un relationniste 2.0 pour lui conseiller de s’ouvrir un compte Twitter?
À contre-courant, Prince semble continuer de remplir les salles en distribuant sa musique dans les journaux… signe que le média imprimé n’est pas encore tout à fait mort.
MAJ: Comme me le fait remarquer mon confrère Laurent Simon Lapierre, Chris Anderson, dans la dernière édition du magazine Wired, parle du déclin du web au profit des interfaces sociales. Un article intéressant à lire ici: wired.com/magazine/2010
Ce mercredi matin, alors que le festival de la pub bat son plein à Cannes, tout le monde ne parle que de “ça”. Ça, c’est la venue de Mark Zuckerberg, le tout jeune (26 ans) président et fondateur de Facebook. Alors que nous attendons devant les portes depuis plus d’une heure pour être sûrs d’avoir une place, passe tranquillement sur le côté une jeune tête frisée, en jeans et baskets, entourée de quatre molosses (ses gardes du corps ou amis, c’est selon). C’est lui. Le moment tant attendu peut enfin commencer.
Mark Zuckerberg, l'invité le plus attendu sur la croisette pour le festival de la pub à Cannes, sur la croisette mercredi, entouré de ses gardes du corps
Nommé personne média de l’année par le festival, Mark Zuckerberg est invité à répondre aux questions d’une journaliste de AdAge ce matin. A peine quelques minute après l’ouverture des portes, l’auditorium Debussy est déjà plein et la sécurité commence à refouler les longues files qui s’amassent devant les portes closes. Nous sommes au second rang, juste derrière une nuée de photographes, équipés par des objectifs aussi impressionnants que ceux des paparrazzi qui doivent attendre à longueur de journée devant Buckingham Palace. À côté, un homme fait exploser son iphone (au sens littéral du terme), créant une épaisse fumée blanchâtre dans la salle. Ni pompiers, ni déplacement de foule. Ce n’est vraiment pas le moment, tout le monde attend Zuckerberg d’une minute à l’autre.
Noir. Silence. Entrée en scène. Applaudissements. Cris. Crépitement des flashs. Silence. On commence.
Pendant son entrevue, Mark Zuckerberg a parlé de sa vision d'avenir, et de l'expansion de Facebook dans le monde
Pendant quarante-cinq minutes, pas une de plus, la journaliste posera des questions tant sur la vision de sa marque, de la protection de la vie privée, et du rayonnement international de la plateforme. Mark Zuckerberg, qui ressemble encore physiquement à un ado américain, impressionne par son franc parlé et la pertinence de ses propos. À la question “considérez-vous vraiment Facebook comme un média?”, il répondra poliment “Non. Plutôt à une entreprise de technologie”. Puis il nuance: “mais comme beaucoup d’entreprises de technologies nées avec un rôle social, nous nous apparentons de plus en plus à un média”. Pour lui, il est essentiel de penser un modèle d’affaire avec une vision à long-terme. “Lancer un produit et espérer qu’il fasse le plus d’argent à court terme ne m’intéresse pas”. Pour lui, “bâtir une entreprise aujourd’hui, c’est avant tout bâtir un produit”. Et la montée en puissance des réseaux sociaux permet désormais de bâtir un produit seul, dans son sous-sol, ou presque.
Facebook, qui par ailleurs rassemble des millions d’utilisateurs dans le monde entier en 70 langues, connaît cependant un taux de pénétration moins important dans certains pays comme le Japon, la Chine et Russie. Mark Zuckerberg assure pourtant que la croissance, notamment en Russie, est très importante en ce moment, et qu’elle va bientôt accoter celle des autres pays dans le monde.
Sa vision de l’avenir? Il faudra construire des marques encore davantage autour de la communauté. La sur-personnalisation des produits sera payante, et le web et les réseaux sociaux permettront de mieux adapter les produits et son discours à ses consommateurs. Quand on lui demande si Facebook peut palier au manque de budgets des gouvernements, il répond que son entreprise permet à des groupes de se créer autour de la défense d’intérêts communs. Développer une dynamique de quartier, faire levier pour la construction d’une voie ferrée, Facebook devient un outil de plus pour se rassembler.
Il note aussi que la plupart des applications utilisées par les membres de Facebook ne sont pas développées par l’entreprise mais par des développeurs externes, signe d’une tendance lourde selon lui: l’avenir passera par la co-création de plus en plus massive d’interfaces technologiques directement pensées et réalisées par les utilisateurs. Et, annonce oblige, Mark Zuckerberg a avoué que Facebook dépasserait les 1 millard d’utilisateurs cette année.
Puis finalement, la discussion achevée, les lumières de la salle se sont allumées de nouveau, laissant filer le jeune prodige côté coulisses, ne permettant ni aux délégués ou journalistes poser de questions. Il nous aura fallu courir dans les couloirs sinueux du palais des festivals pour le capter une fraction de seconde à l’entrée des artistes, ou, accompagné de son armée de relationistes, il lachera un “awesome tee-shirt guys”. Merci bien. On avait prévu le coup avec des chandails flanqués de son désormais célèbre “I Like” Montréal…
Des chandails clin d'oeil, créés par nos amis de Bombe.tv, on fait leur effet après la conférence auprès du fondateur de Facebook
Fini l’époque où seule la marque de notre voiture ou de notre montre servait à affirmer notre statut social. Aujourd’hui, rien n’est plus important que le statut virtuel: nombre d’amis, nombre de mises à jours, qualité des statuts et endroits fréquentés. L’ascension sociale commence désormais derrière l’écran.
De plus en plus, la définition du statut social passe par la reconnaissance acquise grâce au web, et plus seulement par la consommation de biens matériels
Le dernier rapport de la firme de tendances Trendwatching, qui décryptait les différentes typologies de statuts, faisait état de quelques pistes intéressantes. L’émergence du web et l’explosion des médias sociaux changent la façon dont les gens prouvent leur statut social. Aujourd’hui, le facteur “connection” devient un élément d’affirmation de son statut de plus en plus important. Combien avez-vous d’amis sur Facebook? Qui sont vos amis? Combien de fois mettez-vous à jour votre compte Twitter? Quels sont les endroits que vous fréquentez et qui transparaissent sur FourSquare? Avez-vous un blogue? Combien avez-vous de commentaires? Qui fait ces commentaires? Combien de fois a t-on vu votre vidéo sur Youtube? Autant d’indices qui feront de vous un prescripteur sur la toile.
Dans une chronique Infopresse, Florence Girod, directrice de la planification créative chez Cossette, avait d’ailleurs inventé des “mensurations web”: un amalgame de chiffres qui font de vous une personne respectée – ou non sur Internet.
Britney Spears, la personne la plus suivie au monde sur Twitter, avec plus de 5 millions de suiveurs, devant Barack Obama
Et cela se traduit déja dans le discours ou l’approche de certaines marques. Britney Spears, par exemple (si l’on considère que c’est une marque) est la personne la plus suivie au monde sur Twitter avec plus de 5 millions de “followers”. Sa stratégie? Donner quelques exclusivités sur sa vie perso, en échange d’un énorme bruit promotionnel sur ses tournées, disques, et produits dérivés. Et s’assure une image d’une personne généreuse et accessible. D’autres marques lui ont emboité le pas, alors que monsieur et madame tout le monde peuvent eux aussi se bâtir une réputation sur le web, et affirmer ainsi leur statut social à leurs pairs (ce qui ne coûte rien, ou juste du temps, en comparaison à l’achat d’un bien matériel faire-valoir).
Cependant, loin d’être mort, le “consommez plus, et le plus cher” est une tendance qui perd de la vitesse. La voiture, la montre, la maison: tous ces objets socialement visibles réduisent le stress lié à la perception des autres sur soi. De nombreuses marques utilisent donc encore un discours où l’exception – du prix – et la rareté sont des attributs majeur du produit (la plupart des marques de vêtement de luxe prônent un mode de vie hors du temps et unique, comme le font Dior, Gucci, Chanel).
Les matelas Hastens, des lits facilement reconnaissables à plus de 60 000 dollars, signe que la consommation ostentatoire n'est pas morte
Néanmoins, les considérations éthiques, de développement durable et la prise de conscience généralisée de la classe politique sur les enjeux d’une consommation plus responsable ont fait émerger une nouvelle tendance: l’affirmation de son statut social à travers sa capacité à donner (plus souvent appellée la génération générosité). Les marques, par extension, ont commencé à proposer un discours qui laisse transparaître fortement des valeurs sociales. Dove, par exemple, s’est appropriée le terrain de l’estime de soi. Nike, celui du dépassement de soi. Toyota, la conscience écologique. Acheter un de ces produits, c’est donc affirmer ses valeurs et son positionnement social à son entourage immédiat.
A travers ses campagnes de pub, Nike s'est approproprié le terrain du dépassement de soi.
Reste à savoir si le statut social virtuel est aussi viable en dehors de la toile… Qui a dit que l’achat d’une bonne vieille Lexus n’était plus utile pour épater ses voisins?
Cela aurait pu arriver dans un de ces dîners de famille du dimanche. A table, alors que je partagerais mes angoisses sur le manque de temps pour faire les choses, sur l’emprise de mon téléphone et des technologies sur ma vie, sur la dictature des courriels, mon grand-père, qui n’aura pas beaucoup parlé du repas, lachera sa fouchette, et, me regardant d’un air grave, me dira: “quand tout va trop vite, et bien, ralentis, mon grand”. La voilà, la solution que je cherchais depuis longtemps. R-A-L-E-N-T-I-R. Et je commence maintenant.
Notre consommation des médias, parfois excessive, ne nous empêche t-elle pas de vivre pleinement et d'apprendre mieux?
_Lundi, 7 heures 30.
Mon réveil sonne. Homier Roy me tire de mon engourdissement matinal. Première claque: des morts, des campagnes politiques ratées, un nuage de fumée qui ne part pas, des aéroports bloqués, une nouvelle pièce de théâtre sur Vian au TNM qui commence bientôt. J’éteins. Je reprendrai plus tard.
_Lundi, 7 heures 45.
Toujours dans mon lit, j’attrape mon iphone. Je commence par regarder les alertes du Monde.fr. Encore des morts, des sarkozy-story sans intérêt, une grève que je ne subirai pas. Je poursuis vite en glissant mon doigt sur l’application Facebook. Un nouveau film de mon frère Maxime au Vietman. Des nouvelles de nouveaux amis que je ne connais pas (encore), et de certains que j’aurais envie d’oublier, mais que je n’ose pas supprimer. Je ferme. J’ouvre mes courriels du bureau. 142 nouveaux messages. Des communiqués tombés pendant la nuit, pour la plupart, que je n’ai pas tous la force de regarder. Une invitation pour un vernissage d’une expo à Saint-Anne de Beaupré. Je n’irai pas. Douze newsletters (AdAge, Stratégies, Buzz, Trendwatching, Nelly Rodi…) que je garde pour un peu plus tard, peut-être. Je ferme. J’ouvre à nouveau, ma boite Gmail cette fois. D’autres newsletters, parfois les mêmes. Je quitte. Il est temps de se lever.
_Lundi, 8 heures 15.
Après une douche rapide en écoutant de nouveau Radio-Canada, je vais déjeuner. Je me suis désabonné de la Presse papier la semaine et du Devoir depuis que j’ai mon aillephone. Je scroll frénétiquement l’application Cyberpresse en mangeant mes céréales, puis celle de Branchez-vous, la nouvelle de Stratégies, re-celle du Monde, puis rapidement, du New York Times. Je lis tout. Je ne retiens pas grand chose. L’essentiel, diront certains. Mais je twitte pareil, tantôt sous mon nom, tantôt sous celui d’Infopresse. En fait, je double-twitte. Et je re-twitte aussi. Parce qu’on ma dit que c’était bien ça, de re-twitter les gens qui me twittent (”on” étant un expert ès web).
_Lundi, 8 heures 45.
J’arrive au bureau (court laps de temps, j’habite proche). En marchant, j’écoute un bout du podcast de Christiane Charette de la veille. Au bureau, je ramasse à la réception le Devoir, la Presse, le Journal de Montréal, The Gazette et le Globe and Mail, par habitude. J’en choisi un au hasard et le dépose du mon bureau. Je prends mon café et ouvre mes courriels, sur mon ordinateur cette fois. 24 nouveaux messages depuis mon réveil. Des newsletters pour la plupart. Des articles du Devoir déjà parcourus, des émissions webtélé sur la pub, des courriels auxquels je dois répondre. Des CV. Des articles de blogues que l’on m’envoie. Et depuis quelques mois, je reçois aussi les commentaires des lecteurs sur les nouvelles Infopresse.
_ Lundi, 9 heures, 10 heures, 14 heures, 17 heures…
La journée commence vraiment. Celle du travail. Réunions. Rendez-vous. iPhone. Revue de presse matin. iPhone. Twitts. Re-Twitts. Facebook. Dîner. iPhone. Point après midi. Conférence. Écriture d’un billet. iPhone. Arrêt. Téléphone. Courriels. iPhone…
A lire trop vite, trop consommer sans penser, ne perd t-on pas un peu toutes nos facultés d’attention?
Ce lundi, quand je suis rentré chez moi, j’ai tenté de re-lire Neiges, d’Orhan Pamuk, un roman que j’aime. Soudainement, l’histoire m’a semblée sans vie, lente et terne. Soudainement, j’ai pris conscience que je ne pouvais pas me concentrer plus de quelques pages sans lorgner mon ordinateur et mon téléphone, dont l’écran clair s’allume toutes les deux minutes pour m’avertir de nouveaux messages-status-dépêches en provenance d’applications diverses.
Alors ce jour là, impuissant devant mon roman, je me suis demandé ce que j’avais retenu de ma journée. Pas grand chose je me suis dit. Qu’avais-je réellement lu, assimilé? Pas grand chose non plus. Il me semble, pourtant, que quelques années en arrière, avant Facebook, Twitter et autres réseaux 2.0, je rentrais chez moi en ayant la sensation d’être pas mal plus intelligent que le matin. A lire trop vite, trop consommer sans penser, ne perd t-on pas un peu toutes nos facultés d’attention, et au passage, carrément, quelques neurones? Et pendant ce temps, que se passe t-il, là, dehors, un peu plus loin?
Bien sûr, le sujet n’est pas nouveau. Malcolm Gladwell en avait parlé longuement dans une entrevue donnée au Globe and Mail, ou il expliquait pourquoi il s’était “coupé” des réseaux sociaux. Marie-Claude Ducas, dans un billet sur son blogue, soulevait également cette soif de simplicité qui anime plusieurs grands gourous des médias, à commencer par l’hypnotique Tyler Brûlé. Dans une entrevue que Marie-Claude a réalisée – et qui sera publiée dans Infopresse le mois prochain, l’éditeur de Monocle avouait ne pas demander à ses journalistes de bloguer, twitter ou facebooker pour leur travail, et se refuse, lui aussi, à alimenter la toile de ses commentaires 2.0.
Et cette semaine, dans la Presse, la journaliste Nathalie Collard parle d’une tendance émergente, le “slow média”. En d’autres mots, consommer moins de médias, mais consommer plus intelligemment. Et sans pour autant détruire ses comptes Facebook et Twitter, penser à les utiliser différement.
Ce n’est finalement pas une si mauvaise idée. Alors dès demain, je m’y met. Sans plonger dans un retraite monacale, je vais tenter le slow media. Et je vous reviens dans quelques semaines, histoire de faire le point…sur mon blogue.
Les blogues, groupes Facebook, Twitter et les nouveaux réseaux sociaux émergents portent plus loin la voix des consommateurs, et signent la fin des marques qui ne misent que sur l’appropriation de valeurs intangibles comme seul outil de communication. Pour mieux vendre, la marque doit aujourd’hui agir comme le majordome de nos vies, selon le dernier rapport de tendance Trendwatching.
Aujourd'hui, les marques doivent se positionner comme des "facilitateurs", véritables majordomes du quotidien de leurs consommateurs, selon la firme de tendances Trendwatching
Le gain de temps, le contrôle et l’indépendance sont des valeurs fortes en 2010, ce qui implique de la part des marques de développer de nouvelles façons de communiquer. Le service (applications, outils de gestion du temps, de l’espace et des relations) est désormais la nouvelle arme de communication à avoir dans son plan de com annuel. Et le développement des appareils mobiles (le iPhone et le nouvel iPad pour ne pas les nommer), dotés de systèmes de géolocalisation, ne fait qu’accélérer le phénomène.
Smirnoff propose à Londres des Master Classes pour apprendre aux hommes à vivre comme des Gentlemen
Simplifier. Innover. Surprendre.
Le manque de temps, résultat d’un bombardement d’informations (par le web, la télé, le cellulaire, l’imprimé), crée bien souvent un sentiment de perte de contrôle, et nous amène à être de moins en moins réceptifs à l’ensemble de ces messages. La simplification est une stratégie que de plus en plus de marques ont adopté: simplification des messages d’abord (uniformité internationale, comme le montre le dernier spot publicitaire de la marque Adidas développé par l’agence montréalaise Sid Lee); simplification et créativité des outils, ensuite, avec le développement de services et d’espaces commerciaux permanents ou éphémères qui apportent une solution à un problème donné (douches et casiers dans une boutique de Running Adidas à Tokyo, Master Classe de Smirnoff à destination des hommes avec conseils pour s’habiller, faire des coktails et vivre comme un “gentlemen”, boutique éphémère Nestlé en Europe pour apprendre à manier le chocolat de différentes façons etc).
L’application iPhone “pratique” devient la clé.
En ligne ou via un Iphone, nombreuses sont les marques qui proposent des outils “pratiques”, qui en bout de ligne, transmettent un message clair sur leur produit ou service. Aux États-Unis, Mastercard ATM Hunter propose, aux détenteurs de l’application, de trouver le distributeur d’argent de plus proche de là ou ils se trouvent. En Angleterre, l’association automobile nationale propose de télécharger sur iPhone une application qui permet de repérer en auto les hôtels et attractions touristiques du coin. Moins essentiel, mais tout aussi insolite, la marque de pizzas Domino vous propose de suivre en direct la préparation de votre pizza jusqu’à la livraison à votre domicile. Même l’industrie du luxe s’y met, avec le joaillier Van Cleef & Arpels (voir vidéo ci-dessous), qui permet aux touristes et clients de passage à Paris de faire une ballade poétique de la ville, son application iPhone ouverte comme guide interactif.
Aussi dans la tendance, les applications “gain d’argent”, comme Gap qui met à disposition Sprize, un service qui permet d’avoir un crédit après achat si l’article tombe en solde dans les 45 jours suivants l’achat. Ikea, lui, propose à ses visiteurs d’utiliser le co-voiturage en offrant un service depuis leurs magasins.
L’ensemble de ces outils misent sur l’instantanéité. La question n’est plus: “quand dois-je communiquer avec mes consommateurs?”, mais plutôt “quand est-ce que les consommateurs vont-ils communiquer avec moi?”. En mettant à la disposition de tous des outils qui utilisent le temps et l’espace, les marques se positionnent comme facilitateurs, et font passer un message clair, en cohérence avec leurs valeurs: luxe et légèreté pour Van Cleef, intégrité et bas prix chez Gap, art de vivre et sophistication pour Smirnoff.
Et ici? Hue Web Studio a développé avec Sid Lee et pour la SAQ une application qui permet de s’informer de la disponibilité des produits en temps réel, en fonction de l’endroit ou l’on se trouve. Pratique!
Une tendance à suivre chez les marques. Et pour ceux qui banniraient le iPhone, il est toujours temps d’aller faire un tour à New York pour se procurer l’iPad, dernier joujou à la mode, bientôt en vente ici…