Me, myself & mes statuts
June 4, 2010
Fini l’époque où seule la marque de notre voiture ou de notre montre servait à affirmer notre statut social. Aujourd’hui, rien n’est plus important que le statut virtuel: nombre d’amis, nombre de mises à jours, qualité des statuts et endroits fréquentés. L’ascension sociale commence désormais derrière l’écran.

De plus en plus, la définition du statut social passe par la reconnaissance acquise grâce au web, et plus seulement par la consommation de biens matériels
Le dernier rapport de la firme de tendances Trendwatching, qui décryptait les différentes typologies de statuts, faisait état de quelques pistes intéressantes. L’émergence du web et l’explosion des médias sociaux changent la façon dont les gens prouvent leur statut social. Aujourd’hui, le facteur “connection” devient un élément d’affirmation de son statut de plus en plus important. Combien avez-vous d’amis sur Facebook? Qui sont vos amis? Combien de fois mettez-vous à jour votre compte Twitter? Quels sont les endroits que vous fréquentez et qui transparaissent sur FourSquare? Avez-vous un blogue? Combien avez-vous de commentaires? Qui fait ces commentaires? Combien de fois a t-on vu votre vidéo sur Youtube? Autant d’indices qui feront de vous un prescripteur sur la toile.
Dans une chronique Infopresse, Florence Girod, directrice de la planification créative chez Cossette, avait d’ailleurs inventé des “mensurations web”: un amalgame de chiffres qui font de vous une personne respectée – ou non sur Internet.
Britney Spears, la personne la plus suivie au monde sur Twitter, avec plus de 5 millions de suiveurs, devant Barack ObamaEt cela se traduit déja dans le discours ou l’approche de certaines marques. Britney Spears, par exemple (si l’on considère que c’est une marque) est la personne la plus suivie au monde sur Twitter avec plus de 5 millions de “followers”. Sa stratégie? Donner quelques exclusivités sur sa vie perso, en échange d’un énorme bruit promotionnel sur ses tournées, disques, et produits dérivés. Et s’assure une image d’une personne généreuse et accessible. D’autres marques lui ont emboité le pas, alors que monsieur et madame tout le monde peuvent eux aussi se bâtir une réputation sur le web, et affirmer ainsi leur statut social à leurs pairs (ce qui ne coûte rien, ou juste du temps, en comparaison à l’achat d’un bien matériel faire-valoir).
Cependant, loin d’être mort, le “consommez plus, et le plus cher” est une tendance qui perd de la vitesse. La voiture, la montre, la maison: tous ces objets socialement visibles réduisent le stress lié à la perception des autres sur soi. De nombreuses marques utilisent donc encore un discours où l’exception – du prix – et la rareté sont des attributs majeur du produit (la plupart des marques de vêtement de luxe prônent un mode de vie hors du temps et unique, comme le font Dior, Gucci, Chanel).

Les matelas Hastens, des lits facilement reconnaissables à plus de 60 000 dollars, signe que la consommation ostentatoire n'est pas morte
Néanmoins, les considérations éthiques, de développement durable et la prise de conscience généralisée de la classe politique sur les enjeux d’une consommation plus responsable ont fait émerger une nouvelle tendance: l’affirmation de son statut social à travers sa capacité à donner (plus souvent appellée la génération générosité). Les marques, par extension, ont commencé à proposer un discours qui laisse transparaître fortement des valeurs sociales. Dove, par exemple, s’est appropriée le terrain de l’estime de soi. Nike, celui du dépassement de soi. Toyota, la conscience écologique. Acheter un de ces produits, c’est donc affirmer ses valeurs et son positionnement social à son entourage immédiat.

A travers ses campagnes de pub, Nike s'est approproprié le terrain du dépassement de soi.
Reste à savoir si le statut social virtuel est aussi viable en dehors de la toile… Qui a dit que l’achat d’une bonne vieille Lexus n’était plus utile pour épater ses voisins?
TweetFiled under: Branding, International, Marque, Tendance, Web


2 Comments Leave a Comment
1. Tweets that mention Arnau&hellip | June 4, 2010 at 2:13 pm
[...] This post was mentioned on Twitter by Infopresse, Natalie Chapdelaine and Carl-Olivier Perras, arnaudgranata. arnaudgranata said: Quel est votre statut social? http://www.arnaudgranata.com/?p=793 [...]
2.
Olivier Dilain | June 4, 2010 at 3:37 pm
Merci pour ce billet inspirant!
La question de l’image de soi est une question millénaire, et le développement des médias de masse depuis l’invention de la presse ont d’abord permis la construction d’image de personnalités publiques, artistes, politiques, etc. La télévision et la multiplication des chaînes ont naturellement orienté l’objectif sur le public, et la télé-réalité est un des points culminants de ce mouvement, tandis qu’Internet et les réseaux sociaux permettent la création du “Media Me” ou tout et n’importe qui peut devenir son propre média, son propre diffuseur avec l’avantage de pouvoir fournir une réponse en temps réel et de générer une discussion.
Cependant il me semble qu’un bon réseau est un réseau qui s’entretient “dans la vie réelle”, et le réseau virtuel est donc un outil et appui formidable pour entretenir plus facilement son réseau. Un article utile à lire à ce propos : http://mashable.com/2010/06/03/how-to-organize-contacts/
Les “marques” qui arrivent à fonctionner sur ces réseaux sont celles qui ont compris ce jeu de devenir son propre média en incarnant une entité possédant des valeurs humaines.
Aussi à lire ce très très bon article : http://fr.readwriteweb.com/2010/06/01/analyse/contenus-de-marque-brand-content-nouveaux-formats-nouveaux-contenus/
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