Mention spéciale au réalisateur québécois Louis-Philippe Eno de l’écurie Jet Films pour son dernier travail sur le projet musical et visuel “Dark Night of the Soul”, dont fait partie le cinéaste David Lynch.
Louis-Philippe Eno, réalisateur chez Jet Films, a réalisé un projet musical et visuel qui regroupe 13 artistes internationnaux
Le projet « Dark Night of the Soul » est un album qui regroupe 13 compositions musicales de Danger Mouse (réalisateur de certains albums de Beck & Gorillaz et membre de Gnarls Barklay & Broken Bells), avec la participation de plusieurs artistes de renom dont: The Flaming Lips, Gruff Rhys, Jason Lytle, Julian Casablancas, Black Francis, Iggy Pop, David Lynch, James Mercer, Nina Persson, Suzanne Vega and Vic Chestnutt.
Pour chaque pièce musicale, David Lynch a développé un visuel narratif et un univers propre à chaque musique.
L’album est mis en vente dès demain en Amérique du Nord et l’exposition des photos de Lynch a entrepris sa tournée, s’arrêtant à New York ces jours-ci.
Les ponts qui s’écroulent, les nids de poule partout, les travaux interminables de la place des arts n’ont pas freiné Tyler Brulé et la rédaction du magazine Monocle: Montréal demeure cette année la 19e ville la plus agréable à vivre au monde.
Monocle conseille à Montréal d'améliorer ses transports en créant un tramway
Ce numéro spécial sort une fois par année et tout le monde l’attend (enfin, au moins moi). Cette année, le magazine Monocle, qui a développé son propre classement des villes les plus agréables à vivre au monde, à décerné la 19e place sur 25 à Montréal. Statut quo pour notre ville qui avait la même place l’an passé, et qui était classée 16e en 2008. Les critères de classement du magazine sont basés sur sept grandes variables:
1. Le nombre de jour de soleil par année (cela ramonte le moral, il parait)
2. Le nombre d’espaces communs pour se détendre
3. La fierté des citoyens
4. Des résidents exceptionnels
5. Une vision du futur
6. Des espaces verts utilitaires
7. Une aura d’élégance et de mystère
Le magazine nous apprend donc, entre autre, qu’il y a 10 838 cambriolages par an à Montréal, que les espaces verts sur l’île ne représentent que 3.3% de la superficie totale et que tout bon citoyen peut acheter un café dans l’un des 38 Starbucks (un indice qui leur permet de voir le développement commercial de la ville). De ce regard extérieur sur Montréal, on retiendra que l’on ne peut plus se reposer sur le fait que la qualité de vie est meilleure ici parce que tout y est moins cher, que les infrastructures pour les automobiles sont désuètes et qu’il est important de développer davantage d’espaces verts. Le conseil de Monocle pour une ville meilleure? La mise en place d’un Tramway en ville.
Après Zürich l’an passé, c’est la ville de Munich qui rafle cette année la place convoitée de la ville la plus agréable. Paris remonte dans le classement en 7e position. Alors que les pays européens dominent, Portland est la seule ville américaine présente dans le magazine.
Que penser d’un tel classement? La tendance, de plus en plus nette, pour des villes à taille humaine, où les commerces de quartier, les espaces verts et le charme romantique sont des atouts de taille. Montréal devrait-elle renforcer davantage son côté “petit village international”, où il fait bon vivre? Doit-on s’inspirer de Barcelone, qui, tout en modernisant ses infrastuctures, à réussi à développer une image populaire? Ou de Copenhague, qui a fait du vélo sa religion? Ou encore de Lisbonne, la ville montante, qui profite d’un boom culturel fort?
Quoiqu’il en soit, j’ai déjà envoyé ma copie à Monsieur le maire Tremblay. À bon entendeur…
Le festival de la publicité tel qu’on le connaît a-t-il encore un avenir? C’est la question que l’on peut se poser après une semaine passée sur la croisette, forcés de constater les changements majeurs qui animent l’industrie depuis les deux dernières années.
Philip Thomas, CEO des Lions de Cannes a fait plusieurs annonces pendant le festival, remettant notamment en question le nom même de l'événement
A peine revenu du festival de la publicité de Cannes, où nous tournions des entrevues pour Infopresse, un premier bilan se dessine: la remise en question de la définition de la publicité telle que nous la connaissons. D’abord, lors de la cérémonie de cloture, le CEO du festival, Philip Thomas, dans un discours aux délégués, a annoncé deux changements de taille: la mise en place d’une nouvelle catégorie, basée sur l’efficacité d’une campagne publicitaire, et la réflexion sur le nom même du festival. “L’évolution de l’industrie doit motiver une remise en question constante de notre côté. C’est une rélfexion que nous allons amorcer dès cette année, en concertation avec vous tous” a t-il dit, samedi soir dernier, dans le grand auditorium du Palais des Festivals.
La mise sur pied d’une catégorie jugeant l’efficacité d’une campagne publicitaire est un positionnement majeur de la part du plus gros festival de création au monde, et s’inscrit dans la continuité de la première Young Marketers competition, davantage axée sur la stratégie que les résultats. Il aura cependant fallu attendre 57 ans (date de création du festival) avant que l’organisation ne se penche sur la question.
Aussi, depuis quelques années (certainement depuis que Dove a remporté le best of show pour son clip viral “Evolution”) l’influence du web sur la création et la diffusion est totale. Cette année encore, le web – et particulièrement les réseaux sociaux – sont partout. Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, est nommé personne média de l’année, alors que les deux prix les plus attendus du festival ont été attribués à des opérations qui comprenaient une stratégie créative axée sur le 2.0. En effet, le Grand Prix Integrated est allé à la campagne – très – sociale de Best Buy, réalisée par Crispin Porter, et le Grand Prix Tinanium a été remis à Nike Livestrong, par Wieden Kennedy. Du côté des conférences, il est éloquent de voir que le viral, l’interaction avec le consommateur et les réseaux sociaux ont pris le dessus sur l’éternel débat sur la création.
Les différentes entrevues que nous avons réalisées avec des publicitaires internationnaux se recoupent toutes. Pour Nick Law, en charge de la création de Nike chez RGA et Richard Pinder, VP des opérations de Publicis monde, le point de rupture à été la crise économique. “L’an passé a de loin été l’année la plus intéressante pour moi“, nous a confié Richard Pinder, qui explique qu’il a du complètement revoir son modèle d’affaires et ses façons de faire. Même son de cloche du côté de Patrick Beauduin, de chez Cossette, qui vient au festival depuis près de 30 ans. “On a clairement vu un changement dans les deux dernières années”. Pour lui, une marque aujourd’hui doit être plus proche de ses consommateurs, et les impliquer davantage, comme l’exemple primé cette année de la campagne “Replay” de Gatorade, développée par l’agence TBWA/Chiat aux États-Unis.
L’année prochaine nous dira l’ampleur de ces changements. Et il est clair que les questions que se pose le festival sont les mêmes soulevées par l’industrie ici. Quels seront les nouveaux modèles de rentabilité des agences? Comment mieux intégrer le consommateur dans ses campagnes publicitaires? Et quels seront, demain, les nouveaux enjeux dans la façon de communiquer? Chez Infopresse, notre vision de la publicité a aussi changé dans les deux dernières années: influence du design, intégration des enjeux des communications interactives et de l’événement: la communication devient globale, et la convergence entre les plateformes une nécessité.
Quel sera le prochain nom que le festival donnera à la publicité? Communication? Interaction? Créativité? Les paris sont ouverts. Rendez-vous dans quelques mois… D’ici là, rien ne nous empêche de leur envoyer quelques suggestions.
MAJ: Dans le programme de cette année, on peut remarquer à la dernière page le logo du Festival inchangé, mais avec une nouvelle ligne: “58th festival of creativity”.
MAJ2: Je vous invite à aller voir les vidéos que nous avons réalisées sur place sur notre plateforme Vimeo.
Ce mercredi matin, alors que le festival de la pub bat son plein à Cannes, tout le monde ne parle que de “ça”. Ça, c’est la venue de Mark Zuckerberg, le tout jeune (26 ans) président et fondateur de Facebook. Alors que nous attendons devant les portes depuis plus d’une heure pour être sûrs d’avoir une place, passe tranquillement sur le côté une jeune tête frisée, en jeans et baskets, entourée de quatre molosses (ses gardes du corps ou amis, c’est selon). C’est lui. Le moment tant attendu peut enfin commencer.
Mark Zuckerberg, l'invité le plus attendu sur la croisette pour le festival de la pub à Cannes, sur la croisette mercredi, entouré de ses gardes du corps
Nommé personne média de l’année par le festival, Mark Zuckerberg est invité à répondre aux questions d’une journaliste de AdAge ce matin. A peine quelques minute après l’ouverture des portes, l’auditorium Debussy est déjà plein et la sécurité commence à refouler les longues files qui s’amassent devant les portes closes. Nous sommes au second rang, juste derrière une nuée de photographes, équipés par des objectifs aussi impressionnants que ceux des paparrazzi qui doivent attendre à longueur de journée devant Buckingham Palace. À côté, un homme fait exploser son iphone (au sens littéral du terme), créant une épaisse fumée blanchâtre dans la salle. Ni pompiers, ni déplacement de foule. Ce n’est vraiment pas le moment, tout le monde attend Zuckerberg d’une minute à l’autre.
Noir. Silence. Entrée en scène. Applaudissements. Cris. Crépitement des flashs. Silence. On commence.
Pendant son entrevue, Mark Zuckerberg a parlé de sa vision d'avenir, et de l'expansion de Facebook dans le monde
Pendant quarante-cinq minutes, pas une de plus, la journaliste posera des questions tant sur la vision de sa marque, de la protection de la vie privée, et du rayonnement international de la plateforme. Mark Zuckerberg, qui ressemble encore physiquement à un ado américain, impressionne par son franc parlé et la pertinence de ses propos. À la question “considérez-vous vraiment Facebook comme un média?”, il répondra poliment “Non. Plutôt à une entreprise de technologie”. Puis il nuance: “mais comme beaucoup d’entreprises de technologies nées avec un rôle social, nous nous apparentons de plus en plus à un média”. Pour lui, il est essentiel de penser un modèle d’affaire avec une vision à long-terme. “Lancer un produit et espérer qu’il fasse le plus d’argent à court terme ne m’intéresse pas”. Pour lui, “bâtir une entreprise aujourd’hui, c’est avant tout bâtir un produit”. Et la montée en puissance des réseaux sociaux permet désormais de bâtir un produit seul, dans son sous-sol, ou presque.
Facebook, qui par ailleurs rassemble des millions d’utilisateurs dans le monde entier en 70 langues, connaît cependant un taux de pénétration moins important dans certains pays comme le Japon, la Chine et Russie. Mark Zuckerberg assure pourtant que la croissance, notamment en Russie, est très importante en ce moment, et qu’elle va bientôt accoter celle des autres pays dans le monde.
Sa vision de l’avenir? Il faudra construire des marques encore davantage autour de la communauté. La sur-personnalisation des produits sera payante, et le web et les réseaux sociaux permettront de mieux adapter les produits et son discours à ses consommateurs. Quand on lui demande si Facebook peut palier au manque de budgets des gouvernements, il répond que son entreprise permet à des groupes de se créer autour de la défense d’intérêts communs. Développer une dynamique de quartier, faire levier pour la construction d’une voie ferrée, Facebook devient un outil de plus pour se rassembler.
Il note aussi que la plupart des applications utilisées par les membres de Facebook ne sont pas développées par l’entreprise mais par des développeurs externes, signe d’une tendance lourde selon lui: l’avenir passera par la co-création de plus en plus massive d’interfaces technologiques directement pensées et réalisées par les utilisateurs. Et, annonce oblige, Mark Zuckerberg a avoué que Facebook dépasserait les 1 millard d’utilisateurs cette année.
Puis finalement, la discussion achevée, les lumières de la salle se sont allumées de nouveau, laissant filer le jeune prodige côté coulisses, ne permettant ni aux délégués ou journalistes poser de questions. Il nous aura fallu courir dans les couloirs sinueux du palais des festivals pour le capter une fraction de seconde à l’entrée des artistes, ou, accompagné de son armée de relationistes, il lachera un “awesome tee-shirt guys”. Merci bien. On avait prévu le coup avec des chandails flanqués de son désormais célèbre “I Like” Montréal…
Des chandails clin d'oeil, créés par nos amis de Bombe.tv, on fait leur effet après la conférence auprès du fondateur de Facebook
Fini l’époque où seule la marque de notre voiture ou de notre montre servait à affirmer notre statut social. Aujourd’hui, rien n’est plus important que le statut virtuel: nombre d’amis, nombre de mises à jours, qualité des statuts et endroits fréquentés. L’ascension sociale commence désormais derrière l’écran.
De plus en plus, la définition du statut social passe par la reconnaissance acquise grâce au web, et plus seulement par la consommation de biens matériels
Le dernier rapport de la firme de tendances Trendwatching, qui décryptait les différentes typologies de statuts, faisait état de quelques pistes intéressantes. L’émergence du web et l’explosion des médias sociaux changent la façon dont les gens prouvent leur statut social. Aujourd’hui, le facteur “connection” devient un élément d’affirmation de son statut de plus en plus important. Combien avez-vous d’amis sur Facebook? Qui sont vos amis? Combien de fois mettez-vous à jour votre compte Twitter? Quels sont les endroits que vous fréquentez et qui transparaissent sur FourSquare? Avez-vous un blogue? Combien avez-vous de commentaires? Qui fait ces commentaires? Combien de fois a t-on vu votre vidéo sur Youtube? Autant d’indices qui feront de vous un prescripteur sur la toile.
Dans une chronique Infopresse, Florence Girod, directrice de la planification créative chez Cossette, avait d’ailleurs inventé des “mensurations web”: un amalgame de chiffres qui font de vous une personne respectée – ou non sur Internet.
Britney Spears, la personne la plus suivie au monde sur Twitter, avec plus de 5 millions de suiveurs, devant Barack Obama
Et cela se traduit déja dans le discours ou l’approche de certaines marques. Britney Spears, par exemple (si l’on considère que c’est une marque) est la personne la plus suivie au monde sur Twitter avec plus de 5 millions de “followers”. Sa stratégie? Donner quelques exclusivités sur sa vie perso, en échange d’un énorme bruit promotionnel sur ses tournées, disques, et produits dérivés. Et s’assure une image d’une personne généreuse et accessible. D’autres marques lui ont emboité le pas, alors que monsieur et madame tout le monde peuvent eux aussi se bâtir une réputation sur le web, et affirmer ainsi leur statut social à leurs pairs (ce qui ne coûte rien, ou juste du temps, en comparaison à l’achat d’un bien matériel faire-valoir).
Cependant, loin d’être mort, le “consommez plus, et le plus cher” est une tendance qui perd de la vitesse. La voiture, la montre, la maison: tous ces objets socialement visibles réduisent le stress lié à la perception des autres sur soi. De nombreuses marques utilisent donc encore un discours où l’exception – du prix – et la rareté sont des attributs majeur du produit (la plupart des marques de vêtement de luxe prônent un mode de vie hors du temps et unique, comme le font Dior, Gucci, Chanel).
Les matelas Hastens, des lits facilement reconnaissables à plus de 60 000 dollars, signe que la consommation ostentatoire n'est pas morte
Néanmoins, les considérations éthiques, de développement durable et la prise de conscience généralisée de la classe politique sur les enjeux d’une consommation plus responsable ont fait émerger une nouvelle tendance: l’affirmation de son statut social à travers sa capacité à donner (plus souvent appellée la génération générosité). Les marques, par extension, ont commencé à proposer un discours qui laisse transparaître fortement des valeurs sociales. Dove, par exemple, s’est appropriée le terrain de l’estime de soi. Nike, celui du dépassement de soi. Toyota, la conscience écologique. Acheter un de ces produits, c’est donc affirmer ses valeurs et son positionnement social à son entourage immédiat.
A travers ses campagnes de pub, Nike s'est approproprié le terrain du dépassement de soi.
Reste à savoir si le statut social virtuel est aussi viable en dehors de la toile… Qui a dit que l’achat d’une bonne vieille Lexus n’était plus utile pour épater ses voisins?